Découverte du simulateur Full Motion de l’A380

Luc nous fait part de son expérience lors du pilotage du simulateur de l’A380 en full motion :
Comme pour l’A320 voici un compte rendu de mon ressenti sur cette nouvelle expérience.

On approche de la fin de l’année et comme d’habitude, il y a plein de dossiers à rendre avant Noël. Dur de rester concentré à l’idée de piloter le dernier grand bébé d’Airbus. Ma récente expérience sur le simulateur A320 full motion me rend tellement impatient que j’ai pris mon après-midi.

Je rejoins Jacques et Stéphane dans un restaurant pour manger un bout. Il y a une télé avec LCI qui repasse en boucle Roissy sous la neige et les milliers de passagers bloqués. On a l’impression de ne pas vivre dans le même pays car à Toulouse nous avons eu une pointe à 19°c au début du mois à cause de vent d’autan. Vers 14h, nous décidons d’y aller. J’amène Jacques. Stéphane nous rejoindra avec un peu de retard… Ayant déjà la tête dans les nuages, il a oublié son sac au restaurant…

Éric nous rejoint vers 15h. Nous apercevons l’A380 – le vrai – faire des tours de pistes. nous décidons d’aller le voir de plus près, en bordure de la piste 14L.

C’est toujours aussi impressionnant de le voir décoller aussi rapidement. Le plus surprenant c’est le bruit, qui est bien moindre que les A320 qui décollent à la queuleuleu derrière lui durant son tour de piste, main gauche. Après l’observation de plusieurs passages, nous y allons pour ne pas être en retard.

Notre instructeur, Olivier, arrive en même temps que nous au poste de garde. Denis arrive à son tour pendant que l’on distribue les badges. Il est environ 16h30, nous laissons Stéphane dans une salle de repos des pilotes puisqu’il fait parti du second groupe. Il accueillera les autres membres de l’association pour la séance suivante. Le simulateur de l’A380 n’est pas dans le même bâtiment que la dernière fois, pour s’y rendre nous empreintons une passerelle qui donne l’impression d’embarquer dans un vrai avion.

Lorsque nous rentrons dans la salle, c’est toujours aussi impressionnant de voir la taille du simulateur : « 10t de bonheur » comme le dit si bien Stéphane.

On s’installe dans le cockpit, Éric à gauche, moi à droite. Denis et Jacques s’occuperont des photos pour ce premier vol d’essai. L’avion est déjà prêt et Olivier nous fait une rapide présentation de la grosse bébête.

Et oulala c’est bien un airbus mais différent tout de même. Je suis un peu perdu avec tous ces écrans. Pour vous rendre compte par vous-même allez faire un tour sur photo 3D Cockpit Gilles Vidal

Je remarque qu’il y a quelques différences notables comme le « ENG START » qui se trouve sur l’overhead au lieu d’être sous le Throttle dans l’A320. Le FMS est complètement différent et l’on peut se déplacer sur l’écran avec une sorte de souris. Il y a beaucoup plus d’écrans pour afficher plus d’informations comme le plan de l’aéroport par exemple. D’ailleurs il existe une option dans le freinage automatique suivant le [i]taxiway[/i] choisi sur la carte, ce n’est pas cool ça ? Au-dessus du sidestick, un écran peut afficher automatiquement, suivant la panne détectée, la check-list à suivre.

Eric me propose de commencer. Nous sommes alignés sur la 14R à Blagnac et l’avion est déjà prêt. Je pousse les gaz sur CL et nous attendons un peu que les moteurs se stabilisent, puis je pousse à fond sur TOGA. Avec 4 réacteurs le Throttle est bien plus gros que sur l’A320. Ce n’est pas évident de bouger les 4 en même temps. Je monte l’avion vers 3000 pieds pour un tour de piste main droite. D’un coup le mouvement se fait sentir, ah là ça devient vraiment sympa avec le premier virage à droite.

Je sens déjà que l’avion est bien plus gros que l’A320 et il vaut mieux anticiper les mouvements. On est maintenant en vent arrière mais légèrement « overshooter« . j’essaie de me remettre un peu mieux dans l’axe. On passe en étape de base puis dernier virage. Oula! c’est bien « overshooté » cette fois-ci, je fais de grands virages pour m’aligner. Aller faut préparer l’avion, on sort le train, les volets, on arme les spoilers, freins auto… Je m’aide maintenant du LOC et du GLIDE de l’ILS pour la finale.

C’est comme l’A320, c’est très agréable à piloter mais il faut donner des impulsions un peu plus fortes sur le sidestick. Olivier me conseille de bien balayer mon regard entre le PFD (vitesse), l’ILS (axe et plan) et le ND (cap de la piste) très rapidement (5 seconde selon lui) pour être sûr de faire une bonne approche.

Nous nous approchons du sol. Olivier me prévient de mettre sur Idle à 50 pieds et de bien tirer sur le sidestick pour faire l’arrondi. Mais je ne tire pas suffisamment et « boum ». Avec la motion nous sentons bien que le touché est assez violent, c’est génial mais j’ai un peu honte comparé au « kiss » que j’avais fait avec l’A320. Je mets les revers et le frein.

Olivier me dit que c’est une peu sec mais ça reste acceptable donc c’est bon. On passe sous les 20 nœuds, je tourne à gauche au prochain taxiway, nous partons nous stationner au parking. On appuie sur le bouton taxi pour afficher sur l’écran les caméras, comme dans la réalité, c’est marrant. Mais c’est surtout très pratique pour le déplacement au sol car l’engin est vraiment très gros et il est donc difficile de voir où passent les roues arrières. Là encore c’est plus laborieux qu’avec l’A320, il faut vraiment anticiper les mouvements avec la roulette de nez sinon on fait vite n’importe quoi… Je me gare à la porte E50 comme je peux…

Olivier me replace en finale et cette fois-ci de nuit. Et ouah ! que c’est beau ! euh… je trouve que le sol approche vite… Et oui 180 nœuds d’afficher c’est trop rapide ! Avec Éric on ne comprend pas pourquoi et Olivier est au téléphone, petit coup de stress… Éric passe la vitesse en sélecté, l’avion ralentit, oufff !!! Cette fois je tire un peu plus sur le sidestick mais ce n’est toujours pas suffisant, le toucher est un peu dur à nouveau. Je suis déçu de n’avoir pu faire mieux.
C’est fini pour moi, Denis prend ma place et Eric prend les commandes. On repart pour un nouveau tour de piste mais cette fois avec le brouillard et la neige. Éric est complètement perdu, difficile de se positionner sur la 14R dans ces conditions.

Après Eric, Jacques et Denis prennent les commandes. Denis étant pilote d’ULM demande un temps clair pour tout faire à vue.

En finale – tout comme notre pilote de planeur et respectable trésorier Guy pour le second groupe – Denis réussit le plus bel atterrissage de la soirée, bravo ! (en même temps il est champion du monde sur ULM : Denis interviewé par Ulmfrance ).

Et voilà ! 1h30 sont déjà passés, le deuxième groupe attend pour monter, on sort du cockpit, la tête pleine de souvenirs. Encore une fois, un grand MERCI à Olivier pour ces 90 minutes de pur bonheur !

Luc

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