Latitude31 à Airbus Training : A320 Full Motion

Article proposé par Luc, que l’on remercie pour ce super compte rendu adressé notamment à ceux qui n’ont pu être présents. Bonne lecture.

Ce n’est pas facile car j’ai pas mal de boulot en ce moment et je n’arrive pas à me concentrer, je regarde l’heure sans arrêt… Bon aller, 16h45 j’y vais avec un peu d’avance au cas où ça bloquerait sur la rocade avec une grève surprise (il y en a beaucoup en ce moment). Finalement le trajet est rapide et, bien sûr, je suis en avance.

Tiens je vois que d’autres arrivent aussi, on part discuter un peu en attendant l’heure de la session. C’est bon tout le monde est arrivé, il est 17h15 on demande les badges au poste de garde. Jérôme notre instructeur vient nous chercher, c’est parti.

On a la chance d’avoir un créneau de 3h car le planning des simu est surchargé et ces derniers tournent toute la journée. C’est maximum 6 personnes dans le simu en motion. On organise donc deux 2 groupes. Nous décidons de mixer les équipages entre les novices et les plus confirmés en pilotage d’A320.

Je suis du premier groupe avec Stéphane, Guy et Jacques. Et c’est parti on parcourt les longs couloirs d’Airbus training, où il y a des dizaines de petites salles avec des simu réalisés entièrement avec des écrans tactiles.

On rentre dans la salle, et petit problème, une très charmante instructrice est sur le point de fermer la porte, ils vont faire un vol. Tout le monde aimerait bien participer au vol en son compagnie ( désolé Jérôme 😉 ). Jérôme regarde le planning, on nous a changé de simu, ce n’est pas grave on pars à l’autre. C’est bon celui là nous attend. Déjà de l’extérieur c’est énorme, voyez plutôt :

Il faut un hangar entier pour stocker la bête qui pèse ses 10 tonnes. Une salle à l’étage pour les calculateurs et une en dessous pour tout ce qui est hydraulique, ventilation etc… On prend la passerelle, on ferme la porte et on enclenche la motion. On sent que tout se met en place. Aller prenez place, ben je vais aller à droite alors, je préfère pour le sidestick étant droitier.

Je commence à bien connaître l’A320 mais là je suis un peu perdu, dans un vrai cockpit ça change. Mais bon les gestes reviennent vite et finalement on se dit que les heures passées sur le Wilco servent à quelques choses.

Déjà il faut régler le siège, l’accoudoir, la lumière de tous les instruments. On s’attache… Et la vidéo s’allume et ouah, la vue à 180° en 3D c’est le pied !

Bon ben c’est parti. On allume les batteries, APU, lumières… Jérôme nous dit qu’il va faire le plein. Sans réfléchir comme par habitude j’appui sur le bouton « Fuel » sur le pylône pour le faire apparaître sur l’Ecam inférieur. Et Guy me lance un grand :
– « Mais tu sais ce que tu fais ??? »
– « Oui Guy ne t’inquiètes pas tout va bien ».
Il me répond :
– « oui pas de problème mais tu savais sur quoi appuyer ou c’était le hasard? ».

Je n’ai rien dit, mais j’ai ma qualification sur A320 chez une prestigieuse compagnie virtuelle et cela n’a rien à voir avec le fait que j’en sois le « président à vie » ! 😀 euh… non là je confonds avec autre chose 😛

Bon assez rigolé, il faut rentrer le plan de vol entre Blagnac et Mérignac. Finalement, ça va très vite puisque les vols sont pré-programmés via le MCDU.

Ok, on relâche les freins de parking et là on s’aperçoit que c’est plus compliqué que de cliquer sur la souris, il faut soulever pour pouvoir tourner le bouton… C’est bon on recule, on voit même le tracteur qui nous repousse, c’est marrant.

Jérôme voit que je me débrouille plutôt bien alors il me dit de continuer tout seul. Ok ben j’allume le moteur 2 alors. Et là Guy assis à ma gauche – qui n’a jamais touché à l’A320 – me regarde et me dit toujours aussi étonné : « c’est tout, deux boutons et ça démarre ! ».

Et oui. Je le laisse démarrer le moteur 1. Petit checklist, lumières, signes, volet, spoiler armé, autobrakes… (je ne m’attarde pas sur le fait que Guy n’a jamais passé une marche arrière sur une Renault, comprenez par là que pour mettre un cran de volet, il faut soulever un bidule pour abaisser le levier, comme sur les voitures. Mais Guy a eu du mal la première fois, bon promis j’arrête de me moquer maintenant !!). Délire le bonhomme du pushback nous fait signe ok et au revoir :D.

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C’est parti, je mets un peu de puissance, que c’est bon de pousser la manette des gazs, une vraie ! Ok il ne faut pas aller trop vite, surtout dans le virage. On roule à 9 noeud, je me dis c’est bon, je tourne et oups, ça tremble avec un bruit étrange, mais que se passe t-il ? Jérome me dit que l’on roule un peu trop vite alors le pneu dérape, c’est trop fort ! Guy finit le roulage bien mieux que moi (t’as vu Guy, je dis du bien de toi), on s’aligne.

Jérôme me donne les règles à suivre et on y go. Je pousse à 50%, on stabilise, j’essai de bien centrer l’avion, avec les pieds cette fois-ci. Ce n’est pas évident la première fois, merci pour le coup de main Guy, euh… pied (à nouveau je le flatte pour ne pas me faire battre à la prochaine réunion).

Et c’est parti, 2 crans pour FLex, et ouah avec la motion c’est génial, on a l’impression de prendre de la vitesse et on commence déjà à se cabrer, V1, rotation, on décolle ! On rentre le train, les volets, on repasse les gazs sur Climb, of course !

On profite un peu du paysage et je suis déçu ce n’est pas terrible esthétiquement mais bon on s’en fout :D.

On passe en pilote « auto » et on prépare l’arrivée car Toulouse-Bordeaux ça va vite. C’est bon tout est ok, Jérôme me propose de passer en manuel juste avant la descente au niveau 160. Alors là, pas de soucis, j’éteins, il faut appuyer 2 fois sur le bouton rouge du sidestick. On doit commencer la descente, facile il suffit de suivre la croix verte donnée sur le PFD.

L’avion ralentit automatiquement bien sûr et on le ressent bien, c’est vraiment bien simulé la motion. Attention premier virage, j’y vais tout doux et je m’aperçois que c’est très agréable et beaucoup plus facile que sur flight.

On fait la descente, Guy prépare l’avion, volet, spoiler, autobrakes… J’allume l’ILS pour la finale, je ne peux pas tricher puisque le coquin de Jérôme a mis de la brume jusqu’à 800 pieds, c’est du vrai IFR. Je suis vraiment agréablement surpris l’avion descend tranquillement, je ne donne pratiquement pas d’impulsion sur le sidestick.

On se rapproche de « one thousand», j’ai la main droite bien moite, je pose la main gauche sur les gazs. D’un coup la piste apparaît, je finis de bien m’aligner.

A 40 pied je passe sur IDLE et j’arrondis tout doux. Je fais quasiment un « kiss ». Pas de temps à perdre : « reverse », on descend, quel pied l’avion freine à fond, on est projeté vers l’avant, on se croit vraiment comme dans un vrai, c’est extraordinaire.

70 noeuds, on repasse sur IDLE et on laisse l’avion freiner. Je n’arrive pas à enlever les « reverse ». Alors comme je ne connais pas le système, je regarde de plus près pour voir comment ça marche et quand je regarde à nouveau dehors… oups, on va finir dans l’herbe, encore une fois merci Guy pour le coup de pouce, euh non pied (encore un peu de brossage dans le sens du poil au cas où 😀 ).

Freins de parking, ça y est c’est fini, pour moi du moins. Je me détache, je recule le siège sinon on ne peut pas sortir tellement on est serré. Stéphane prend ma place, on retourne sur Toulouse. Même si je ne suis plus aux commandes, les 45 minutes du retour sont tout aussi jouissives. Quand on ressort de là on est comme sur un nuage.

Le 2° groupe, Eric, Philippe et Cédric prennent le relais. Ils feront notamment un atterrissage chacun.

On est resté dehors pour voir comment ça fait. Ben c’est impressionnant à voir les mouvements vus de dehors, surtout à l’atterrissage. D’ailleurs Jacques tellement surpris me dit : « mais nous, on n’a pas fait ça ?? » et si…

Bref le soir j’ai eu du mal à m’endormir tellement les images se bousculaient dans ma tête. C’était vraiment une fabuleuse expérience.

Luc

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